Comme souvent avant de parler d’un pays ou de raconter une histoire, on commence par en faire la présentation avec des repères historiques, des données géographiques et démographiques etc. Ma propre description de l’Australie serait alors qu’elle ne représente pas moins de 20 ans de rêve, 11 mois de préparation, 267 heures passées sur Internet à regarder des photos et lire des blogs, 1001 questions, 126 instants de doutes, 806 moments d’excitation, 61 « au revoir et à bientôt », 21 kgs de bagages, 3 heures de train, 19 heures d’avion, 5 plateaux repas, 1 escale, 6 heures de décalage horaire, une bonne vingtaine de larmes le long des joues, et UNE joie immense à l’atterrissage malgré le fait que je sois à 17000 kms des gens que j’aime.
Petit flashback : on est le 25 septembre 2012 à l’aéroport de Roissy, les bagages sont enregistrés et partis en soute, aucun frais de surpoids nous a été facturé… surement un cadeau de départ ! Nous voilà à voguer dans le terminal 1. Peu de mots échangés, mais on sait tous les deux à quoi pense l’autre : a-t-on fait le bon choix ? Quelques euros au fond des poches, alors on se prend un dernier petit expresso avec un croissant bien sûr ! (faut savoir quand même que je ne mange jamais de croissant en France, mais là c’est comme si j’étais obligée de croquer à pleines dents dans le plus grand symbole culinaire français avant de quitter mon pays !). On se dégourdit un peu les jambes car les 13heures du premier vol risque d’être longues surtout qu’on a hérité des places centrale dans la cabine ! 12h00 : l’avion avance sur le tarmac, les moteurs grondent, le pilote appuie sur le champignon, nous on tente d’apercevoir un peu de France avant de quitter le sol et ça y est l’avion s’élève dans le ciel…trop tard pour faire marche arrière ! Une nouvelle vie commence.
13h d’avion, 4 films, d’assez bons plateaux repas (l’avantage de voyager avec une compagnie asiatique, c’est que en règle générale les repas sont bons), une escale de 2h30 sous la pluie malaysienne, un club sandwich, quelques pas dans l’aéroport ultra-moderne de Kuala Lumpur et le second avion décolle pour l’île continent, mon rêve, mon graal !
26 septembre 2012, 15h00 (heure australienne, on est bien d’accord qu’à partir de maintenant je vis avec 6h d’avance sur vous) l’avion atterrit, on descend, on passe les douanes, mon passeport ne peut être lu par leur machine. Un contrôle s’impose donc, rien de bien méchant mais ils voulaient s’assurer que je ne voyageais pas avec un faux passeport. Puis renfilage des bagages pour un gentil toutou pas du tout effrayant, et enfin première rencontre avec le ciel, le sol, le soleil australien… et tout le reste. L’aéroport de Perth n’est situé qu’à quelques kilomètres du centre-ville, on a donc pris un taxi pour se rendre au backpacker qu’on avait réservé.
Une petite définition s’impose : un backpacker est une auberge de jeunesse privée, en général gérée par les détenteurs de la bâtisse, vous y trouverez chambres de différentes capacités, douches communes, cuisine, salon avec TV, salle de jeux parfois, internet gratuit et tous les équipements nécessaires à la vie en communauté. On y côtoie des jeunes (en général moins de 30 ans) du monde entier. Ma définition personnelle serait plutôt, vieille baraque exploitée par des propriétaires en manque de tunes, laissée à l’abondant malgré les milliers de dollars gagnés par mois, dans lesquels il vous sera donné une chance inouïe de voir une quantité de bestioles jamais encore recensés (d’ailleurs je suis sûre que les Bed Bug qui font tant de mal, sont nées dans de tels endroits) où la crasse et l’odeur vous enivre plus qu’une bouteille de vieil armagnac ! et le pire d’en tout ça c’est qu’on vous demande 15€ pour dormir dans ce tas de merde, sur des matelas en mousse désintégrés, et se laver dans des douches dont il m’est ici difficile de donner une description. Voilà un nouveau concept de télé réalité, 30 jours dans un backpacker et le vainqueur sera celui qui ressortira sans maladie !
Malgré le fait qu’on ait réservé une chambre privée, on s’est retrouvé avec deux types vraiment sympa… au premier abord ! 4 inconnus dans 7 m², ça reproche…un peu trop peut-être d’ailleurs ! Bref ici ne sera pas raconter dans le détail l’horrible nuit que j’ai passé, où plutôt qu’on a passé ! C’est donc fou de rage qu’on a quitté ce taudis pour aller dans un vrai hôtel (à un prix exorbitant) mais c’était plus que nécessaire. Notre chambre était dans l’hôtel GoodEarth qui se trouve être aujourd’hui l’hôtel dans lequel je bosse ! Dans cette chambre d’hôtel on a y a bâtis notre quartier général. Comme les choses ne s’étaient pas exactement passées comme prévues, et qu’on avait donc déboursé davantage, on avait que 48h pour se trouver une colloc avant de crever le budget ! Pour commencer nos recherches nous avions besoins des bases. Nous sommes donc partis en ville pour acheter des cartes Sim australiennes. Nous avons choisis la compagnie Telstra qui est apparemment celle qui couvre le mieux le territoire australien. Pour 23€ par mois nous avons un forfait (rechargeable) avec appel nationaux et sms illimités et internet à hauteur de 500mb ce qui pour un mois est suffisant ! (forfait IPhone ; ça nous a bien surpris car pour mon IPhone j’avais l’habitude de payer 50€/mois ne France). Le téléphone a été opérationnel en quelques minutes, il nous restaient plus qu’à surfer sur Gumtree ( le « boncoin » d’Australie) pour trouver des collocations. Ici, le partage d’appartements ou de maisons est très courant. Nous avons donc répondu à toutes les annonces, le stress au plus haut niveau car beaucoup étaient déjà prises ou alors ils n’acceptaient pas les couples, ou alors pour bien d’autres raisons. Pour le lendemain, nous avions quand même 3 rendez-vous. Pour être honnête, on n’avait pas le choix, on n’avait plus qu’une nuit à l’hôtel, donc il fallait que ça marche. Le premier RDV était à Belmont, un quartier résidentiel à l’est de Perth pas loin de l’aéroport. Quand on a rencontré Junee, le courant est tout de suite bien passé. Junee et son compagnon Mac (60 ans) possèdent la maison, mais comme leurs enfants sont partis ils louent les deux chambres à l’étage. On a aussi rencontré ce jour-là Mumbi, une kenyane de 28 ans, qui partage la maison depuis mai 2012. Nous avons été enchantés par la superbe maison qu’ils nous proposaient de partager. Un accord verbal et ça y est on pouvait aménager le lendemain matin ! Easy comme on dit ici !
C’est l’esprit bien plus léger que nous sommes rentrés à l’hôtel : ça y est on a un toit sur la tête ! Pour la première fois en 48h on a soufflé et on s’est dit c’est bon on est en Australie ! Tout ça, toute cette pression ne serait pas arrivée si on nous avait donné la chambre que j’avais réservé dans le backpacker ! Enfin bref, ce faux départ est désormais bien loin derrière nous !
Nous avons donc profité de ce long weekend, puisque le lundi était férié, anniversaire de la Reine d’Angleterre (chef du Commonwealth) oblige, pour visiter Perth et ses plages ! Ceci donnera lieux à un nouvel article qui paraitra bientôt !
Le mardi, depuis notre nouvelle jolie maison, il était temps de se mettre à la recherche d’un emploi. Grâce à notre colloc Mumbi qui nous a aidée à dresser un super CV, nous sommes partis les déposer directement dans les endroits où il nous semblait bon travailler ! (Chose qui est désormais impossible de faire en France). En résumé, 18 CVs posés, 13 coups de fils pour me proposer des essais, je suis allée à 3 d’entre eux, un pas concluant, deux autres supers, j’avais qu’à choisir mon job entre le deux ! 4 jours après j’embauchais ! Easy je vous dis ! Et les 10 autres je leur ait simplement dit « j’ai déjà un boulot, une autre fois peut être ! » ! Je suis donc femme de ménage dans un hôtel, sûr ça ne paie pas de mine, mais j’ai de supers horaires, à 15h30 je suis chez moi, et une paye ridiculeusement généreuse ! Le pompon : les filles avec qui je bosse sont supers ! Pour Thomas ça n’a guère été plus compliqué. Le seul problème qui se posait à lui, c’est pour trouver un boulot manuel, il fallait sortir de la ville, donc avoir une voiture ! On s’est donc reconnecté sur le site Gumtree.com.au et on a trouvé une jolie petite (grosse) voiture. C’est un break de 1995, une Holden Commodore, on ne connait pas cette marque en France mais ici elle est largement répandue et a la réputation d’être fiable et costaud! Comme le gars voulait plus ou moins s’en débarrasser, on l’a eu a un très bon prix ! Easy encore ! Une fois la voiture dans le garage, Thomas a trouvé du boulot le lendemain. Il bosse dans une ferme qui produit du foin pour les animaux, donc son boulot consiste à mettre le foin dans des sacs et les coudre ! Plutôt sympa le boulot en pleine air, même si apparemment c’est très physique ! Donc voilà, 10 jours en Australie, une maison avec des gens superbes, un boulot chacun qui paye bien, une jolie voiture pour partir en road trip et dormir dans le coffre (il n’y a pas de petites économies) bref la vie australienne quoi !
… A bientôt pour de nouvelles aventures autour de Perth !